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Invalidité catégorie 1 : montant, calcul et conditions

La première catégorie concerne les personnes en invalidité qui peuvent encore travailler. Voici comment la pension est calculée, ce qu'elle permet et ce qu'elle ne couvre pas.

En bref

Vous êtes en catégorie 1 si votre capacité de travail ou de gain est réduite d'au moins deux tiers, mais que vous pouvez encore exercer une activité rémunérée. La pension vaut 30 % de votre salaire annuel moyen des dix meilleures années, sans descendre sous 338,31 € brut par mois.

Mis à jour le par la rédaction. Notre méthode

Qu'est-ce que l'invalidité de catégorie 1 ?

Le Code de la sécurité sociale range les personnes en invalidité en trois catégories (article L.341-4). La première réunit les « invalides capables d'exercer une activité rémunérée ». Vous pouvez travailler, par exemple à temps partiel ou sur un poste aménagé, mais votre état de santé limite durablement ce que vous pouvez gagner.

Pour être reconnu en invalidité, quelle que soit la catégorie, votre capacité de travail ou de gain doit être réduite d'au moins deux tiers. Le médecin-conseil de la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) apprécie cette perte. Il tient compte de votre capacité de travail restante, de votre état général, de votre âge, de vos facultés physiques et mentales, de vos aptitudes et de votre formation professionnelle (article L.341-3).

Il n'existe pas de liste de maladies qui donnerait droit à la catégorie 1. Comme le rappelle ameli.fr, l'invalidité n'est ni une incapacité physique en soi, ni l'incapacité à exercer un métier précis. Le guide maladies et invalidité explique comment le médecin-conseil raisonne.

Ce pourcentage n'est pas un taux d'invalidité

Les 30 % de la catégorie 1 servent uniquement à calculer la pension. La Sécurité sociale ne vous attribue aucun pourcentage d'invalidité, et il n'existe pas de tableau qui en donnerait un pour la pension d'invalidité. Les pourcentages que l'on trouve en ligne viennent d'autres régimes : le taux d'invalidité expliqué fait le tri.

Comment est calculée la pension de catégorie 1 ?

Le calcul suit trois étapes (article R.341-4 du Code de la sécurité sociale).

  1. La caisse retient vos salaires bruts des dix années civiles les plus avantageuses avant l'arrêt de travail suivi d'invalidité, ou avant la constatation de l'invalidité. Chaque année ne compte que dans la limite du plafond de la Sécurité sociale de cette année-là (48 060 € en 2026). Les salaires anciens sont revalorisés.
  2. Elle en fait la moyenne : c'est votre salaire annuel moyen. Si vous avez travaillé moins de dix ans, la moyenne porte sur les années accomplies depuis votre affiliation.
  3. Elle applique 30 % à ce salaire annuel moyen, puis divise par 12 pour obtenir la pension mensuelle brute.
Exemple fictif : catégorie 1, salaire annuel moyen de 26 000 €
  1. ExempleSalaire annuel moyen26 000,00 €
  2. Art. R341-4multiplié par Taux de la catégorie 130 %
  3. égale Pension annuelle brute7 800,00 €
  4. divisé par 12 versements mensuels12 mois12
  5. égale Pension mensuelle brute650,00 €
  6. CSG 2026moins CSG, CRDS et CASA (taux normal, le plus élevé)Prélèvements sociaux59,15 €
  7. égale Montant net mensuel estiméNet mensuel estimé590,85 €

Dans cet exemple, ni le minimum ni le maximum n'interviennent. Pour votre propre situation, calculez le montant de votre pension : le simulateur pose chaque ligne du calcul et montre ce que donneraient les deux autres catégories.

Montant minimum, maximum et montant net

La pension de catégorie 1 est encadrée par un plancher et un plafond.

Pension de catégorie 1 Par mois, brut
Minimum, depuis le 1er janvier 2026 338,31 €
Maximum en 2026 1 201,50 €

Le minimum est égal à l'allocation aux vieux travailleurs salariés (article L.341-5). Il est revalorisé chaque 1er janvier. Si votre calcul donne moins, la caisse relève la pension à ce montant.

Exemple fictif : catégorie 1, salaire annuel moyen de 9 000 €
  1. ExempleSalaire annuel moyen9 000,00 €
  2. Art. R341-4multiplié par Taux de la catégorie 130 %
  3. égale Pension annuelle brute2 700,00 €
  4. divisé par 12 versements mensuels12 mois12
  5. égale Pension mensuelle brute225,00 €
  6. Minimum 2026Relevée au montant minimumMontant minimum338,31 €
  7. CSG 2026moins CSG, CRDS et CASA (taux normal, le plus élevé)Prélèvements sociaux30,78 €
  8. égale Montant net mensuel estiméNet mensuel estimé307,53 €

Dans ce second exemple, le calcul tombe sous le plancher : c'est le minimum qui est versé.

Le maximum correspond à 30 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 €). Il découle du plafonnement des salaires retenus.

Le calcul part de salaires bruts et donne une pension brute. Le montant versé est le net : la caisse retient la contribution sociale généralisée (CSG), la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) et la contribution de solidarité pour l'autonomie (CASA). Leur taux dépend du revenu fiscal de référence de votre foyer. Au niveau le plus élevé, ils représentent 8,3 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 0,3 % de CASA ; les foyers aux revenus modestes paient moins, voire rien. Aucune cotisation maladie n'est prélevée. La pension est par ailleurs imposable, et la caisse y prélève l'impôt à la source : impôts et invalidité détaille la déclaration. Enfin, les franchises médicales et les participations forfaitaires sur vos soins peuvent être retenues sur la pension (ameli.fr).

Peut-on travailler en catégorie 1 ?

Oui, c'est le sens même de cette catégorie. Pension et revenus d'activité se cumulent jusqu'à un seuil. Ce seuil est le plus favorable de deux montants : votre salaire annuel moyen, ou le salaire de l'année civile qui a précédé l'arrêt de travail, retenu dans la limite de 72 090 € par an en 2026 (article R.341-17). Selon ameli.fr, ce seuil n'est jamais inférieur au SMIC annuel brut (22 404,24 € depuis le 1er juin 2026).

Si pension et revenus dépassent ce seuil, la pension baisse de 50 % du dépassement. Prévenez votre CPAM par courrier de toute reprise de travail et de tout changement de ressources. Le guide travailler en invalidité donne le détail et des exemples.

Si vous perdez votre emploi, la pension de catégorie 1 se cumule intégralement avec l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE), selon Service-Public.fr. Les démarches sont expliquées dans chômage et invalidité.

Avantages et inconvénients de la catégorie 1

La catégorie 1 ouvre des droits concrets, mais elle a aussi des limites.

Ce qu'elle vous apporte

  • Vos soins sont remboursés à 100 % du tarif de la Sécurité sociale : le ticket modérateur n'est plus à votre charge (ameli.fr). La participation forfaitaire, les franchises médicales, le forfait hospitalier et les dépassements d'honoraires restent à payer.
  • Vous faites partie des bénéficiaires de l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés, sans avoir à demander la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) (article L.5212-13 du Code du travail).
  • Vous validez des trimestres de retraite : un trimestre pour chaque trimestre civil qui comprend trois mensualités de pension, quatre au plus par an (l'Assurance retraite).
  • À 62 ans, la pension est remplacée par une retraite pour inaptitude au travail, au taux plein même si votre durée d'assurance est incomplète. Le taux plein évite la décote, mais le montant de la retraite dépend toujours de vos trimestres.
  • Le cumul intégral avec l'ARE en cas de chômage.

Ses limites

  • C'est la pension la plus basse des trois catégories.
  • Vos revenus totaux sont plafonnés par la règle de cumul.
  • La catégorie n'est pas définitive. La caisse peut provoquer à tout moment une expertise médicale, et elle suspend ou supprime la pension si votre capacité de gain dépasse 50 % (article R.341-16).
  • La pension ne donne pas, à elle seule, de demi-part fiscale. Au titre de l'invalidité, Service-Public.fr la réserve aux titulaires de la carte mobilité inclusion (CMI) mention « invalidité » et aux pensions militaires ou d'accident du travail d'au moins 40 %.
  • Un éventuel complément de prévoyance dépend entièrement du contrat de votre employeur : voyez prévoyance et invalidité.

CAF, RSA, ASI : compléter une petite pension

Une pension de catégorie 1 calculée sur des salaires modestes peut rester faible. Plusieurs aides peuvent la compléter.

  • L'allocation supplémentaire d'invalidité (ASI) est versée si vos ressources restent sous 922,16 € par mois pour une personne seule, ou 1 613,80 € pour un couple. Voir l'allocation supplémentaire d'invalidité.
  • Le revenu de solidarité active (RSA) tient compte de l'ensemble de vos ressources, « de quelque nature qu'elles soient » (article R.262-6 du Code de l'action sociale et des familles). La pension réduit le RSA, sans l'exclure.
  • La prime d'activité, si vous travaillez : la caisse d'allocations familiales (CAF) compte la pension parmi vos revenus de remplacement, et non comme un revenu d'activité (article R.844-2 du Code de la sécurité sociale). Elle réduit donc la prime, parfois jusqu'à la supprimer.
  • L'allocation aux adultes handicapés (AAH), si la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) vous reconnaît un taux d'incapacité suffisant : elle comble l'écart entre votre pension et le montant maximal de l'AAH. Voir AAH, MDPH et RQTH.

Jusqu'à quel âge et comment changer de catégorie ?

La pension s'arrête à 62 ans. Le passage à la retraite pour inaptitude n'est pas automatique : demandez votre retraite à votre caisse de retraite environ quatre mois avant, et prévenez votre CPAM (ameli.fr). Si vous travaillez encore, la pension continue jusqu'à votre demande de retraite, au plus tard à 67 ans. Le guide invalidité et retraite explique ce passage et les démarches auprès de votre caisse de retraite.

Votre classement peut évoluer. Si votre état s'aggrave au point de ne plus pouvoir travailler, demandez une révision : envoyez au service médical de votre caisse un certificat de votre médecin traitant, ou expliquez le changement par courrier (ameli.fr). En cas d'accord, vous passez en catégorie 2, au taux de 50 %. À l'inverse, une amélioration peut conduire à une suspension : voir suspension et révision.

Pour contester une décision sur votre état d'invalidité, saisissez la commission médicale de recours amiable dans les deux mois qui suivent la notification, par lettre recommandée avec accusé de réception (Service-Public.fr). Son adresse figure sur la notification.

Votre prochaine étape

Reprenez la notification de votre caisse : elle indique votre catégorie, le salaire annuel moyen retenu et le montant brut. Comparez-la avec le simulateur de pension. Si vos ressources sont faibles, demandez l'ASI à votre CPAM. Si vous travaillez, signalez chaque changement de revenus pour éviter un trop-perçu.

Questions fréquentes

La pension d'invalidité de catégorie 1 est-elle versée à vie ?

Non. Elle prend fin à 62 ans et la retraite pour inaptitude au travail prend le relais, à condition de la demander à votre caisse de retraite environ quatre mois avant (ameli.fr). Si vous travaillez encore à cet âge, elle continue jusqu'à votre demande de retraite, au plus tard jusqu'à 67 ans. Avant, la caisse peut la réviser, la suspendre ou la supprimer si votre état de santé évolue.

Peut-on toucher le RSA avec une pension de catégorie 1 ?

Oui, si les ressources de votre foyer restent faibles. Pour le revenu de solidarité active (RSA), la caisse d'allocations familiales (CAF) retient l'ensemble de vos ressources, pension comprise : la pension réduit donc le RSA sans l'empêcher. Demandez aussi l'allocation supplémentaire d'invalidité, réservée aux personnes qui touchent une pension d'invalidité.

La pension de catégorie 1 est-elle imposable ?

Oui. Elle se déclare comme une pension, cases 1AZ et 1BZ de la déclaration de revenus, et profite du même abattement que les retraites. Les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, CASA) sont retenus à part, avant le versement, selon votre revenu fiscal de référence.

Peut-on cumuler une pension de catégorie 1 et le chômage ?

Oui. Selon Service-Public.fr, la pension de 1re catégorie se cumule intégralement avec l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) versée par France Travail. Pour les catégories 2 et 3, la règle est plus restrictive.

Quelle maladie faut-il pour être en invalidité catégorie 1 ?

Aucune liste de maladies n'existe. Le médecin-conseil regarde ce que votre état de santé vous laisse comme capacité de travail ou de gain, pas le diagnostic. Une même maladie peut conduire à la catégorie 1 chez une personne et à la catégorie 2 chez une autre.